L'édito de la semaine

dimanche 26 mai 2019
 6ème dimanche de Pâques

Élections

Les jours d’élections sont souvent propices aux numéros d’équilibriste pour un édito ou une homélie. En voici un, que les lectures de ce dimanche me suggèrent.

D’un côté, dans l’Apocalypse nous voyons que le salut donné par Dieu se concrétise dans une ville, c’est-à-dire dans le lieu où les hommes résident et vivent ensemble. Il se présente ainsi comme le chemin qui conduit du jardin primordial de la Genèse à la ville finale de l’Apocalypse. L’idée d’un retour au paradis perdu est étrangère à la Bible. Il y a quelque chose à construire, à quoi l’homme collabore. C’est pour nous une invitation à ne pas nous désintéresser de la vie de la cité. Nous avons le devoir d’aller voter pour que progresse le bien commun, c’est-à-dire pour que la cité terrestre où nous vivons soit toujours plus imprégnée des marques de la cité céleste vers laquelle nous cheminons.

D’un autre côté, il faut remarquer que cette cité finale n’est pas le pur fruit des efforts humains. Elle descend du Ciel, d’auprès de Dieu. Et il est bon de réentendre ces paroles de Jésus : « ce n’est pas à la manière du monde que je vous (…) donne [ma paix] ». J’y vois une invitation à ne pas idolâtrer la politique. Les chrétiens se laissent parfois tenter par la survalorisation de l’action politique, par la recherche d’une personne providentielle qui instaurerait enfin sur terre le royaume de Dieu. Il faut se faire à l’idée que cette personne n’existe pas, ou en tout cas que ce n’est pas avec les moyens du monde (qui sont en général ceux de la politique) que les chrétiens travaillent à établir le règne du Christ dans leur vie et dans le monde.

Allons donc tous voter aujourd’hui. Mais prions pour le personnel politique. Et surtout travaillons à nous convertir, pour que le règne de Dieu nous vienne… de Dieu.

Père Martin GUYOT
St Quentin - St Victor