L'édito de la semaine

dimanche 17 mars 2019
 2e dimanche de Carême

Saint Joseph : le bel au bois dormant.

 Quel bel homme ! Beau-père, parce qu’il adopte Jésus dans la foi, pleinement beau parce que, pleinement juste, il ne recherche que la volonté de Dieu. Il est un modèle pour tout père, à qui il rappelle que les enfants sont en réalité toujours confiés et n’appartiennent fondamentalement qu’à Dieu. L’aumône juste du père est celle de ses enfants, de ses « trésors », à Dieu.

Quel homme des bois ! À la fois le bois de son travail, de son labeur quotidien, celui qu’il savait transformer en pain pour sa famille, en toit pour ses prochains, mais aussi parce que ses vocations d’époux et de père se fondent sur le bois des croix, des renoncements qu’il accepte d’embrasser dans la foi : le fiancé découvre que sa fiancée est enceinte, le père n’a d’autre lieu à offrir à son enfant qui naît que le dépouillement de la Crèche et l’exil en Égypte. Ô combien ces bois sont des arbres féconds et porteurs du salut !

Quel homme des songes ! Dans l’Ancien Testament, par deux fois seulement Dieu plonge l’homme dans une torpeur mystérieuse (tardémah en hébreux) : en Gn 2 quand il opère Adam, le patriarche de l’humanité, pour tirer de son côté son épouse et, par-là, sa descendance ; en Gn 15 quand il fait alliance avec Abraham en lui promettant une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. À la suite des patriarches, Joseph est plongé dans cet état inhabituel de conscience : le sommeil avec songe. C’est le sommeil du juste, dont la confiance en Dieu suscite la confiance de Dieu qui lui confie son Fils unique. La prière n’est autre que cet acte de confiance de chercher en Dieu sa fécondité.

La Saint Joseph approche, qu’à son intercession et à son exemple notre Carême soit fécond : porté par une aumône, un jeûne et une prière qui soient justes.

Père Benoît d’ARGENLIEU +
Guyancourt