Réconciliation

"Laissez-vous réconcilier avec Dieu" 2 Co 5,20

 

Tous les premiers vendredi du mois, à l'église sainte Marie à Magny les Hameaux, de 19h à 20h occasion de recevoir le sacrement de la réconciliation (la confession individuelle).

Le père François ou Gica peuvent vous recevoir aussi sur rdv. Merci de contacter le secrétariat.


 

Voici quelques petites notes pour mieux comprendre et vivre le sacrement de réconciliation. Elles n'ont pas la prétention de tout dire. Mais elles sont là pour vous aider à découvrir ou redécouvrir ce beau sacrement.

Depuis notre baptême, nous sommes enfants de Dieu. Nous sommes rendus participants de la nature divine (Cf. 2 P 1 à lire).

Nous sommes invités à :

  • louer le PERE qui est source de toute éternité,
  • vivre en frères. : « que tous vivent en bonne entente et soient unis de cœur » 1P 3,8
  • bénir : « Au contraire bénissez puisque c'est votre vocation, et vous recevrez la bénédiction »  1P3,9

Or, nous sommes aussi dans un monde marqué par le Mal ; dont la logique est celle de la peur et de la mort.  Ce monde ne nous est pas étranger. Le mal n'est pas seulement à l'extérieur.  Nous avons aussi été marqué par cette logique.

Plus nous grandissons dans notre rapport à Dieu (PERE-FILS-ESPRIT), plus nous découvrons la grandeur du salut offert. Petit à petit nous grandissons dans cette vie trinitaire.

C'est en lisant la Bible, en vivant des sacrements et en vivant une vie de prière et de rencontre du prochain que je découvre petit à petit ce que cela signifie : "aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Jn 15, 12

Deux logiques peuvent s'interpénétrer dans nos psychologies :

  1. la logique du mérite : aimer, ça se mérite ! Or, il peut arriver que je n'ai pas fait ce que j'aurais dû faire... donc, de ne plus mériter l'amour ! Donc, de ne plus être aimer. Logique imparable : je m'éloigne de l'amour puisque je n'aime pas ! Dans ce cas, le sacrement est nécessaire : dire ce qui nous paraît grave et retrouver la confiance.
  2. la logique de la gratuité : je suis aimé gratuitement, par pure grâce. Mais parfois, il peut arriver que je ne corresponde pas à ce don. Je ne crois plus au don fait, ou je n'accueille plus le don. Le sacrement de réconciliation est nécessaire : il confirme la personne dans le don : c'est le pardon ! "J'ai bien entendu, et je te confirme que l'amour de Dieu va jusque là ! que tu as ta place."

Dans la logique du mérite, c'est se racheter. Le risque est d'être encore enfermé dans la culpabilité. Dans la logique de la gratuité, c'est la surabondance que je mets à l'œuvre, gratuitement. C'est le signe d'une nouveauté. Il y a du neuf auquel je collabore puisque telle est mon identité : fils ou fille de Dieu !

Dans tous les cas, il s'agit de dire ce qui pèse vraiment. Ce qui a pu détruire le don, la confiance, l'amour. Car la logique du mal est une logique qui enferme. On pourrait dire aussi en jouant sur les mots que « l'enfer-me-ment ». Il s'agit donc de faire la lumière. De pouvoir dire ce qui a été. Dans un dialogue, il y aura aussi l'occasion de discerner, de trier ce qui est apparence, psychologie, et choix véritable. Il y a peut-être des choses que j'ai gardé, dont je n'ai jamais osé parler. Rappelons que le confesseur est tenu au total secret de ce qui est dit.

Le prêtre est un frère. Il est membre de la communauté des hommes. C'est aussi un homme de Dieu. Quelque soit sa dignité personnelle, il est celui par qui Dieu a accepté de passer pour dire la vérité sur l'homme : nous sommes appelés à la communion trinitaire.

Le confesseur et le confessant se mettent sous le regard de Dieu, en sa présence. Par l'écoute d'une parole biblique, par le signe de croix, par la bénédiction.

4 attitudes :
Le chemin est donc de pouvoir dire le passé et de vouloir l'assumer. C'est-à-dire de pouvoir assumer sa responsabilité, ses choix, ses refus, ses maladresses, ses erreurs, ses déceptions.
Accepter aussi de ne pas être tout-puissant : je ne peux pas changer le passé ; même si j'aimerai bien. Par contre, regretter, oui ! Ou bien vouloir pardonner à l'agresseur.
Et se laisser faire : ouvrir sa personne à l'œuvre de l'Esprit. Renaître. Naître à nouveau.

Le sacrement de réconciliation est un aussi acte de foi : Je crois que Dieu est Dieu. Je crois qu'il y a un avenir possible. Je crois qu'il n'abandonne pas son peuple dont je fais partie. Je ne me réduit pas au mal commis ou subis. Et j'accueille, au-delà des mots et de ma conscience l'œuvre de Dieu.

Finalement dans le sacrement de réconciliation, je me laisse aimer par DIEU ; qui vient au devant de moi (Cf. Luc 15, "Le fils prodigue"). J'accepte que le salut passe par la Croix de Jésus. Croix qui devient le signe de bénédiction par excellence, lieu du don et du pardon.

Le sacrement de réconciliation puise sa source dans la résurrection.

Jésus condamné injustement, meurt. Il livre sa vie par amour pour ceux qui le livrent.

Il est Ressuscité. Quelque chose de radicalement neuf s'instaure dans le monde. C'est inimaginable ! Comme l'Incarnation.

Il nous est donné de l'accueillir et de le faire fructifier. Il y a une unification de la personne en profondeur. Une Paix qui traduit le mystère pascal : une joie pascale.

Dans le sacrement de réconciliation, nous sommes invités à mourir avec la mort.

De : "Je suis un homme mort. Ce que j'ai fait je le regrette. Mais je ne peux pas le changer. Et je peux l'assumer."

Je deviens : "Un homme nouveau dans la force de la résurrection ! Je vis de ce souffle."

Ce souffle, comme le premier souffle, nous ne pouvons que le recevoir. Le sacrement de réconciliation se reçoit, comme le baptême, comme la naissance. Il se demande : "Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais qui te demande à boire, c'est toi qui lui aurais demandé cette eau qui fait vivre, et il te l'aurait donnée." Jn 4, 10

Ce n'est pas en tirant sur l'herbe, qu'elle pousse. Il y a donc besoin du temps. "Je ne suis pas maître du temps ! Ni de l'Histoire. Il y a une pauvreté, une nudité. Je suis désarmé. Je deviens comme Jésus"   "Lui qui était riche, il s'est fait pauvre pour vous, pour que vous soyez riches au prix de sa pauvreté."  2 C0 8, 8

Par contre, en allant voir un prêtre, je dis mon désir : je souhaite que ça pousse. Et je fais en sorte que ça pousse ! "Celui qui a soif, qu'il vienne à moi ! Qu'il boive,   celui qui croit en moi ! L'Ecriture l'a dit : "Des fleuves d'eau vive jailliront de son sein".  Quand Jésus disait cela, il pensait à l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui. » Jn 7, 37b-39a

Ainsi, je suis coopérateur de la grâce, comme Marie. Je deviens un homme, une femme de paix.
« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » Lc 7, 21

Le sacrement de réconciliation

Il faut du courage ! Il y a une véritable lutte. Mais par notre baptême, nous sommes victorieux de ce combat, en Christ. Nous pouvons donc aller recevoir le sacrement en toute liberté.

Il faut vouloir faire la vérité. « La vérité vous rendra libre ». Accepter de se désarmer.

Il faut avoir envie de dénoncer toutes les attitudes de fuite du réel. Accueillir, prendre conscience de notre humanité,  et être rejoint en profondeur par le Christ, « lui qui est descendu aux enfers ».

C'est choisir la Vie et renoncer à toute forme de mort. Retrouver notre désir profond et faire confiance. Méditons Saint Marc et l'épisode de l'aveugle de Jéricho :

« Quand il apprend que c'est Jésus de Nazareth, il se met à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »   Beaucoup le sermonnent pour le faire taire, mais il crie encore plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Jésus s'arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle l'aveugle et on lui dit : « Courage, lève-toi, il t'appelle. »   L'aveugle laisse son manteau, et d'un bond il est près de Jésus. Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L'aveugle répond : « Rabbouni, que je voie ! ». Alors Jésus lui dit : « Va ! Ta foi t'a sauvé ! » À l'instant même cet homme voit ; et il se met à suivre Jésus sur le chemin. » MC 10, 47-52

Pour la réconciliation 

La naissance de Jésus.

Le corps.

L'enfant nait. Dans une fragilité et une dépendance.
C'est un garçon ou une fille.
Il a le réflexe de la marche et pourtant il aura à apprendre à marcher !

Et nous ? Notre rapport au corps ?
Comment l'accueillons-nous ?
Nous en prenons soin: trop ? Pas assez ?
Notre sexualité ?
Comment mangeons-nous ? Buvons-nous ?

Le temps

L'enfant nait. Il aura fallu qu'il prenne corps pendant 9 mois. Puis il faudra encore plusieurs mois pour qu'il marche, parle.

Et nous ? Notre rapport au temps ?
Trop pressé ? Impatient ?

La parole

L'enfant nait. Il ne parle pas, mais déjà il crit. Il va apprendre en écoutant.

Et nous notre rapport à la parole ?
Qui écoutons nous ?
Les mots sont fragiles; sommes-nous prêts à écouter au delà des mots, pour apprendre.
Sommes-nous timides ou bavards: deux manières de se cacher: derrière le silence ou derrière les mots.
Acceptons nous d'être fragiles (cf l le corps)
mentons-nous ? Une relation dévoyée à la parole. Même si c'esty pour ne pas faire mal ! Car est-ce que le mensonge guérit.
Sommes-nous prêt à dire NON ou OUI ?
De ne pas nous opposer bêtement parce que c'est un tel ou un tel (cf la manière de faire en politique parfois)

Le mystère

L'enfant nait. Et nous ne savons pas qu'il est. Qu'il sera !
Chaque enfant est unique, une combinaison unique. Il n'est pas moi !

Et Nous ? Notre rapport au mystère ?
Acceptons nous de ne pas Tout savoir ? Acceptons nous d'être à notre place ?
Sans enfermer l'autre dans le connu ou les étiquettes ?
En reconnaissant d'où il vient sans jamais mettre la main dessus ?
Est-ce que j'enferme Dieu ?

La communauté

l'enfant nait.
Il est le signe, le fruit de l'alliance entre un homme et une femme. De l'amour entre deux personnes-mystères. Il assume l'histoire de deux familles.

Et Nous ? Quel est notre rapport à l'autre ?
Notre rapport au père ou à la mère de notre enfant ? Que nous soyons encore ensemble ou divorcés ?
Quel est notre rapport à la famille ? À l'assemblée dominicale ? À l'église de Dieu ?
Croyons-nous que nous sommes sauvés de manière individualiste ?
Quel sont nos engagements ?
Quels sont nos désirs de paix ? De réconciliations ? Nos cercles infernaux de justice sans pardon ?